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Margaritae, Marguerite
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Texte
d'un anonyme
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C’était au temps d’hier
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Voici des lustres déjà
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Vivait brave couturière
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Au hameau de la Pierraz
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Les demeures sans orgueil
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Paysannes jusqu’au seuil
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Tenaient le vent, le tonnerre
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Abris de tuiles, rouille fer
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L’hiver soufflant blancheur
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De neige posait son linceul
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Glissant, alourdissant, le
pas
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Dans le vent et dans le froid
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Ainsi passaient les saisons
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Plaine, Glâne en robe d’azur
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Odorait les champs d’épis
mûrs
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De blés en gerbes, en
fenaisons
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Là haut, là bas, le clocher
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La nef, le cœur de Siviriez
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Battait litanie en cadence
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Au beffroi de l’espérance
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Quel cœur naquît en ces lieux
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Parlant si fort aux cieux
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De l’homme ou de Marie
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Passion, ou sainte liturgie
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Les chemins de poussières
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Ont fait place au goudron
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Mais les chants, les prières
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Ont encore leurs moissons
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Margaritae, Marguerite bonté
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Tu as tant souffert et tant
donné
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Fais descendre sur nous
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Les bienfaits de ta piété
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Et la croix, de glace
fouettée
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Aux hivers ou sous la pluie
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le temps n'a su, ni pu faire
taire
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Ni même en cacher ta lumière